"Azur, nos fêtes sont bondées d'un cri" Saint John Presque

Publié le par manZi

On se rappelle forcément de sa première Kro mais rarement de sa douxième chronique. Autant dire que je n’ai pas une énorme pression sous les phalanges ; Imoudj ayant ouvert cet espace d’écriture essentiellement pour brasser… de l’air. Paraît-il que, dans le registre, on pourrait me situer entre le batteur de Telephone et le ventilateur Cooler Master Fart 2000 

Je n’attends aucune critique négative envers mes humeurs sans quoi je me verrai dans l’obligation de m’infliger une balle de calibre 12 dans le cul. Juste histoire de filer ma piètre métaphore aéro-thermique.

                         « Ça va chier dans le ventilo »

Petit flash-back nostalgique ce soir. Au diable l’actualité si chère à Imoudj. Mon coup de blues passera par un coup de projecteur rétrospectif sur la prestation des Wells Brothers aux casernes squattées de Saint Jean d’Angely à Nice, disparues du patrimoine culturel niçois. Tout était là pour faire une superbe « une » à la rubrique infos régionales de Nice Matin, du genre : « Le rire a enfin débarqué sur la côte d’azur grâce aux Wells Brothers. ». Heureusement, pas la moindre trace de leur passage dans le coin et tant mieux pour les spectateurs privilégiés du feu collectif des Diables Bleus.

Après m’être tapé trente minutes de la programmation fantômatique de « le Mov’ » dans la bagnole, je coupais cette chaîne qui pendait à mon cou et m’offrais enfin une parenthèse, un sursis en débarquant sur le feu site d’Angély. Y’avait de l’Usine dans l’air, du Artamis en plus bordélique, bref c’était un bien beau squatt comme on en voit plus dans ce capharnaüm immobilier azuréen. Malax, Yannos et Macha étaient en train de monter leur matos dans une ambiance bon enfant. Peut-être même un peu trop d’enfants, justement. Je m’évadais de la masse infantile par déformation professionnelle et me réfugiais vers un jardin où étaient entrexposées des sculptures rouillées et autres souches multiformes qui prenaient leur dimension surnaturelle grâce au mur de fonds sur lequel s’étalait un majestueux bougainvillier d’un incroyable éclat, que seule la Guyane m’a permis d’admirer. Les chiens errants étaient aussi de la partie et continuaient de me rappeler la Guyane et ses bandes de cyno-SDF traînant des cosmo tétines à rallonge et arborant des dreads crasseux à la place du pelage initial. Heureusement, nos compagnons niçois à quatre pattes n’avaient pas l’air d’être accompagnés de leur punk de maître.

Je choisissais un point de vue frontal comme l’ami me l’avait conseillé pour les spectacles de rue. Et oui, malgré la circularité inhérente à ces représentations de rues, les spectacles ne sont malheureusement pas toujours assez pensés sous cet angle. Pas trop de chiards à proximité. Super visibilité. Juste une espèce de fennec qui reniflait mes pieds et que les applaudissements avaient l’air d’effrayer.

Je ne vais pas chercher dix mille adjectifs dithyrambiques pour qualifier la prestation des trois arrosés mais c’est un mélange de tout ce que j’aime : de la super acro archi chorégraphiée et enchaînée à une vitesse de fous, une énergie cartoonesque, des personnages auxquels on peut rapidement s’identifier, du mime burlesque proche de celui des belges d’Okidok2, des passages à l’arrache façon « les Ratetous », des enculades à gogos, une peluche (ersatz de Kermitt la grenouille) comme fil rouge qui finit souvent entre les jambes de Malax pour se faire violenter et des voix saturées à la happytreefriends avec des finish tout aussi trash. Autant une partouze à trois ne laisse pas un souvenir impérissable, autant le passing de massues de ces trois frères méconnus vous laissera sans voix. Là, j’essaie de faire mon critique pompeux mais c’est vraiment une des images fortes du spectacle avec également les sauts de main de Yannos. Sauf que c’était sur la tête et sans les mains…Il n’y a pas de dialogues et pourtant on se sent proche de la tchatche second degré de la mouvance toulousaine du Lido (« Genre de cirque », « Les extensibles »). 

A pas vouloir utiliser d’adjectifs, voilà un beau merdier de références à ingurgiter. Si ça vous dit que dalle, prenez cela comme un panégyrique de nouveau cirque.

A foutre la trique à toute la Crique du Paléo.

Comme le chantait Bourvil : « Et c’était bien, et c’était bien… » Mais aujourd’hui le petit bal a perdu dans ce quartier de Nice. Pas pour les promoteurs immobiliers, eux, très friands de balles perdues.

 

 

 

 

 

 

Publié dans moudjostilo

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Josh Brown 07/03/2006 17:01

Les promoteurs immobiliers sont les héros du 20ème siècle...et comme tous les héros d'une époque donnée...ils sont très mal compris de leurs contemporains...contemporains qui préfèrent regarder Happy Tree Friends sur internet plutôt que de partir en week-end à la Grande Motte...quelle époque!