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Publié le par mongomoudj

Michel Paztaga nous ouvre les portes de son studio d’enregistrement au Machu Pichu.

"je compose souvent en short"
Michel Paztaga

Quasiment inconnu en France, Michel Paztaga, ce Niçois de 65 ans, est pourtant l’un des hommes les plus influents du monde. De la France, Michel Paztaga ne sait plus grand chose. Parti à l’âge de 19 ans comme cuisinier à bord d’un céréalier panaméen, Michel débarque en 1960 à Lima sans un sou en poche.
La légende veut qu’il jeûne durant les quinze premiers jours suivant son arrivée au Pérou et qu’il apprend l’espagnol, l’aymara, l’inti et le quechua durant la même période. Victime de nombreuses agressions physiques et sexuelles de la part des autochtones qui n’avaient pas revu de blancs depuis Hernán Cortés et Francisco Pizarro en 1521, Michel doit apprendre à se défendre. Ses poings ne suffisant pas, il a l’idée de découper deux morceaux de bambou de 30 centimètres qu’il relie par une corde de chanvre tressée. C’est ainsi que Michel invente le Nunchaku, qu’il brevette aussitôt. La réputation du petit blanc que tout Lima a enculé change alors subitement et Michel devient respecté. Son Nunchak’ servant de moins en moins et l’ennui le gagnant de plus en plus, Michel se surprend un jour à siffler à l’une des extrémités du manche de son arme. Un son en sort. Il fait de même sur l’autre manche, légèrement plus court suite à l’usure, et un autre son, plus aigu, s’en échappe. L’arme devient instrument. Michel vient d’inventer la flûte de Pan… qu’il brevette aussitôt.

Michel Paztaga (centre) signe le brevet de la flûte de pan

Las des cochons d’Inde braisés le matin, le midi et le soir, Michel décide de se faire un peu d’argent de poche avec sa flûte à tubes. C’est ainsi qu’il commence à faire la manche dans la gare centrale de Lima. Six mois plus tard, on le retrouve à la gare centrale de Pachuko, capitale de la Bolivie. La manche marchant de mieux en mieux, Michel se confectionne alors un chapeau ridicule en feutre noir qu’il fait tourner au milieu de la foule pour récupérer la monnaie. Les Boliviens qui commencent à acheter à Michel des flûtes en grand nombre semblent aussi très intéressés par le fameux chapeau. Michel le brevette aussitôt et commence à en vendre avec ses flûtes : 2 chapeaux achetés, 1 flûte offerte. Mais l’incroyable aventure de Michel Paztaga, loin de s’arrêter là, ne fait au contraire que commencer.
En effet, Michel devenant de plus en plus populaire dans les Andes, il apparaît que les autochtones lui témoignent leur affection en prénommant leurs enfants comme leur idole : Michel, Miguel, Miguelito, etc. En signe de reconnaissance, Michel en profite pour breveter son prénom ainsi que tous les dérivés existant en espagnol, aymara, inti et quechua.
    En 1967, au faîte de la gloire, Michel et los indios de la Pampa, un groupe d’amis que Michel à fait venir de France, composent El pigeono pasa. Cette composition deviendra l’hymne national bolivien et en témoignage de son infinie gratitude, le président bolivien rebaptisera Pachuko, la capitale bolivienne, en La Paztaga, devenue depuis lors La Paz.
    En 1969, c’est le drame. Michel et los indios de la Pampa splitent. Michel Passetougrain, Michel Pasternak et Michel Passepartout quittent le monde de la musique et fondent un petit commerce avec un certain Pablo Escobar ; quant à Jacques Vabre, il a bâti l’empire du café que l’on sait.
    Dès 1970, Michel se retire de la vie publique. 1972, c’est l’année du dragon et les nunchakus font fureurs à Hong Kong. Les royalties pleuvent comme des shurikens. L’année suivante, grâce à ses bonnes relations avec les autorités locales, Michel rachète pour une bouchée de pain le Machu Pichu. Suite à cette privatisation qui a offusqué l’ensemble de la communauté internationale, Michel répond qu’il n’a fait que redonner sa vraie valeur à un site qui, contrairement à tout ce qu’ont pu prétendre les scientifiques, a depuis tout temps été un temple dédié à l’étude du son. « Ces imbéciles de technocrates et historiens n’ont jamais compris que les pyramides étaient dès le départ des locaux de répétition qui ont été élaborés sur la base de la théorie du chiffre d’or de l’acoustique ». Mais Michel n’est pas ingrat et pour ne pas tuer l’économie du pays il a fait construire un parc d’attraction inca dans lequel figure une réplique à l’identique du Machu Pichu au 1/8e.
Deux ans plus tard, après quelques menues modifications du site classé par l’UNESCO, Michel fonde Pichu Records en 1975. Grâce à Michel, ce qui n’était qu’une vulgaire musique traditionnelle devient alors une véritable industrie. Les chiffres parlent d’eux mêmes : c’est plus de 700 groupes produits par année qui partent arroser les gares du monde entier à coup de flûtes de pan.
Michel en grand professionnel qu’il est refuse que ses protégés partent à l’aventure sans préparation. Pour cela, il a fait creuser un immense studio de répétition à ciel ouvert capable de reproduire n’importe quelle gare centrale du monde entier en moins de 12 minutes. Bruits d’ambiance, annonces, faux trains, faux touristes, tout est prévu afin que les groupes arrivent dans les meilleures conditions possibles.
C’est donc depuis son petit nid d’aigle péruvien que Michel Paztaga dirige un empire musical qui s’étend aux quatre coins du monde. Et quand on demande à Michel s’il n’est pas bientôt prêt de passer la main, il répond sans hésiter « coño, si je vous dis que chacun de mes 27000 groupes de musique péruvienne en tournée me reverse 75 % de leurs recettes, je suis pas prêt de tourner la paz. »
 Bravo l’artiste.

Discographie sélective:

El Caïman passa (1968)
Morrard té megusto mucho picho (1970)
félipé es un indio que vive en la pampa (1971)
Baila baila la pampa (1973)
La tortillas robusto (1975)
Hiro dé la luna del puta (1978)
Vaya con dios y su madre (1999)




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Publié dans moudjostilo

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Bari Bari Zoum Zoum 14/08/2006 12:46

Cher PetchoBen,
Je viens de retrouver un film de vacances de ma tante lors de son son périple péruvien en 1976. Vous me direz si je me trompe mais je crois reconnaître votre Michel Paztaga en pleine répétition dans son studio d'enregistrement. Vu les bruits environnants, je crois même pouvoir dire que le groupe répete dans des conditions de marché melbournien. Vous me confirmerez cela mercredi soir, date á laquelle je pense que les astres seront les plus propices pour vous faire parvenir ce document d'archive.

un jeton 11/08/2006 10:09

ah bin oui dis donc!
c'est vrai qu'elle est grosse sa tête!

Un fan de toujours 11/08/2006 07:24

J' ai connu Michel Paztaga au college de Douvaine. Il avait deja le melon quand il nous invitait a des sessions  "live" dans les fondations de l' etablissement et qu 'il essayait de se choper le petite Chapuis. Au  vu des pochettes de ses dernieres productions, on voit carrement qu' il a pris lal grosse tete.

Josh "datsointsoin" Brown 09/08/2006 21:29

il aurait dû inventer le nunchak avant de se faire enculer par tout Lima quand même...8 000 000 d'habitants... même si c'est pas 8 000 000 mâles en rut, ça fait quand même du gourdin! Dur!

un jeton 09/08/2006 13:57

El pigeono pasaahhhh...comme j'ai emballé sec sur ce morceau!!un vrai tube!merci Michel